Création, Internet & Vidéos

31 mars '09 par Rémi Bouton, dans Conférences / débats / événements, Non classé.

En accompagnement de l’excellent billet de Frédéric sur la manifestation qui s’est tenue hier au théâtre de l’Odéon, voici quelques images d’artistes et de producteurs qui expliquent les raisons de leur investissement. Ces interviews ont été réalisées par nos soins (Frédéric et moi) juste après la conférence de presse.

Thomas Dutronc souligne en quoi cette loi défend les petits et représente la seule alternative à la world company.


Thomas Dutronc à l’Odéon

Bertrand Burgalat raconte la fragilité de l’artiste mais aussi de l’entrepreneur, producteur de musique, face à une industrie plus lourde, de distributeurs et de détaillants.


Bertrand Burgalat à l’Odéon

Da Silva ne comprend pas pourquoi un artiste ne pourrait pas défendre le fruit de son travail : ses oeuvres, et assume à fond sa position pro Création & Internet.


Da Silva à l’Odéon

Jean Fauque, auteur, parolier de Bashung pousse un cri de colère en voyant les flux p2p augmenter au moment du décès de l’artiste.


Jean Fauque à l’Odéon

Vincent Frèrebeau, fondateur du label Tôt ou Tard et président de l’UPFI (syndicat des producteurs indépendants) s’exprime sur les prises de position de l’opposition, à l’Assemblée Nationale, sur son travail au sein du Conseil de la Création, sur une éventuelle redevance sur les FAI.


Vincent Frerebeau à l’Odéon

Pascal Nègre, PDG d’Univeral Music France, qui garde toute confiance dans le vote de la loi Création & Internet et la reprise du marché numérique de la musique en 2010.


Pascal Nègre à l’Odéon

Retrouvez aussi une quasi intégrale en 3 parties de la conférence de presse du 30 mars. L’image n’est pas très belle mais le son est audible…

Avec notamment les propos de Jean-Claude Carrière, Sanseverino, Alain Cornaud, Bertrand Burgalat, Radu Milhaileanu. Débats animés par Bertrand Dicale.


Les artistes à l’Odéon - 1

Avec notamment les propos de Jean-Jacques Annaud, Da Silva, Christian Carrion, Renan Luce et Ridan. Débats animés par Bertrand Dicale.


Les artistes à l’Odéon - 2

Questions de journalistes et autres bloggers dont Fred Neff pour digilmeme.


Les artistes à l’Odéon - 3
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3 Réponses to “Création, Internet & Vidéos”

01.04.09#1

Commentaire par François.

J’ai écouté Bertrand Burgalat, si je résume sa pensée c’est :

La rémunération dans le showbiz est inversement proportionnelle au risque pris. Les magasins prennent la part du lion, suivi des distributeurs, et avec les miettes qui restent il faut faire vivre le producteur, les musiciens, les auteurs et compositeurs, plus toutes les petites mains (studio, graphistes, marketing etc.).

… Par conséquent, il faut punir les internautes qui copient la musique sans payer.

Où est la logique là-dedans ? Bertrand si vous lisez ce blog, j’aimerais vraiment une réponse.

Les producteurs agricoles sont étranglés par les grandes surfaces. Il faut donc punir les clients des grandes surfaces ?

01.04.09#2

Commentaire par François.

A Messieurs Da Silva et Fauque,

Lorsqu’est apparue la cassette audio, et donc la possibilité d’enregistrer la radio, après avoir hurlé à la mort des artistes on a fini par trouver un compromis : votre rémunération a consisté d’une part en une redevance versée par la radio, et d’autre part une taxe pour la copie privée, perçue sur le prix de vente de la cassette.

Désormais les gens peuvent accéder à un service sur internet (Deezer, Jiwa, ou un réseau P2P) et enregistrer la musique en utilisant leur connexion internet et leur disque dur.

Il me semble que le parallèle pourrait être le suivant : le service qui met à disposition verserait une redevance (c’est le cas pour Deezer, pas pour les réseaux P2P), et l’on prélèverait une taxe sur l’outil permettant la copie, c’est déjà le cas sur le disque dur, mais pas sur l’abonnement internet.

Si vous militiez pour ce genre de chose on pourrait avancer un peu dans le débat… pour l’instant vous hurlez à la mort des artistes, ensuite vous trouverez des sources de profit et vous arriverez même à vendre de la musique numérique tout comme vous avez fini par vendre des cassettes…

01.04.09#3

Commentaire par François.

A Vincent Frèrebeau, la gauche et les anti-Hadopi ne défendent pas les internautes au dépends des artistes et des droits d’auteur, vous n’avez probablement pas bien écouté les débats.

La loi en discussion prévoit de sanctionner les internautes qui n’ont pas sécurisé leur accès internet. Ce défaut de sécurisation sera mis en évidence par la constatation d’un téléchargement illégal opéré avec l’adresse IP associée à l’abonné au moment des faits.

Lorsque vous, Vincent, recevrez les avertissements de l’Hadopi, vous tomberez des nues. Vous aurez envie de contester, car à l’évidence, il y aura eu méprise, mais il vous faudra attendre la coupure effective, qui impactera votre activité professionnelle et qui pénalisera toute votre famille. Dans l’intervalle vous suspecterez vos proches et vos voisins, un climat de défiance s’installera en vous. Lorsque la coupure sera faite, vous devrez alors démonter votre ordinateur et expédier son disque dur à l’hadopi, comme “preuve” de votre bonne foi, ce qui vous répugnera car votre disque dur contient des données personnelles, et il vous est nécessaire pour de multiples activités. En retour, l’hadopi vous imposera un logiciel espion, qui sera payant et qui perturbera le fonctionnement de votre ordinateur, et vous empêchera d’utiliser des logiciels libres… Au final vous pesterez contre ce dispositif inhumain qui impacte grandement et votre vie privée et votre activité professionnelle…

C’est juste cela que contestent les anti-hadopi… ou plutôt le gâchis annoncé car tout cela s’écroulera sous son propre poids comme la DADVSI en son temps.

Pas la nécessité de rémunérer les artistes bien sûr. Ne vous trompez pas de débat.

Comme j’en suis à mon troisième commentaire sur ce sujet, je me permets de donner ma position personnelle : je pense que le vrai débat consisterait à remettre à plat l’organisation de la filière, et de combattre l’exploitation éhontée des artistes par les intermédiaires de la profession. Depuis longtemps les éditeurs et distributeurs maintenaient les artistes au raz de l’eau en ponctionnant le maximum de revenus. Les remous provoqués par internet font que maintenant les artistes ont la tête sous l’eau…

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