RADIO 2.0: Les radios traditionnelles n’ont toujours pas compris…
14 avril '09 par borey, dans Analyses / tribunes, Radio, Start-Up Musique.
L’IMPORTANCE DES RADIOS LES ANNÉES A VENIR
On nous parle beaucoup de téléchargement ou encore d’écoute illimité. Certes c’est génial pour les internautes puisqu’ils peuvent avoir accès à un catalogue important de musique… Mais face à toute cette masse de contenus musicaux, comment s’y retrouver ? Pas facile de choisir ce que l’on veut écouter et surtout de découvrir de nouveaux artistes. Cela prend du temps. C’est pour cette raison que je pense que la recommandation musicale prendra une place extrêmement importante. En effet, si l’accès à un large catalogue développe l’appétence de musique chez un internaute, il n’en reste pas moins que sa soif de musique ne sera pas étancher si facilement. Encore faut il qu’il s’abreuve à la bonne source si vous me permettez de poursuivre l’image de la soif x-). L’intérêt d’un média qui va recommander de la musique à un internaute est de pouvoir découvrir des artistes qui sont susceptible de lui plaire à sa place pour lui faire gagner du temps, pour lui éviter toute recherche. Cela existe déjà et cela s’appelle la radio. Si le téléchargement légal ou illégal ainsi que les sites de streaming ont certainement concurrencés les radios, celle-ci devraient reprendre une place importante. D’ailleurs, le peer-to-peer a ses débuts a engendré une véritable boulimie de musique si l’on regarde le nombre de fichiers télécharger par foyer. Depuis quelques années, ce nombre a véritablement diminué. L’usage des outils de téléchargement est arrivé à maturité et requiert un comportement raisonné pour une utilisation optimale. Voilà un nouveau besoin: celui d’être guidé et accompagné dans sa consommation musicale. Les blogs d’ailleurs y contribuent parfaitement. Mais la radio reste le meilleur outil pour diffuser continuellement de la musique.
Voilà, il ne s’agit plus de simplement diffuser de la musique mais de proposer une expérience musicale évolutive qui guide et accompagne l’internaute dans sa consommation de musique. Une expérience qui “murie” avec l’internaute. C’est un savoir-faire où la sensibilité humaine à toute sa place et donc créatrice de valeur à l’heure du tout numérique.
DES RADIOS QUI NE PRENNENT PAS LE NUMERIQUE A BRAS LE CORPS
La radio cherche clairement à s’adapter à l’ère du numérique. Mais ce qui me frustre dans cette mutation, c’est que les radios traditionnelles n’intègrent pas le numérique dans leur ADN mais à travers des partenariats ou
en se faisant greffer de nouvelles activités dans le numérique. NRJ l’a maladroitement fait en s’éparpillant sur différent secteur (le mobile, le net, la télévision) et s’est certainement perdu parmi des business modèle qu’elle devait recréer. Dans un précédent article je parlais de l’association OUI FM / Myspace, certes intéressante pour la volonté de mettre en avant les talents émergeant sur le net mais difficile à mettre en place. OUI FM continue ses collaborations avec des acteurs du web musical en s’associant avec Deezer. Il est donc certain qu’Arthur souhaite par sa stratégie donner une dimension participative à la programmation de sa radio.
Le concept de l’émission “Ouï love Deezer” est de diffuser la playslit d’un utilisateur de Deezer à l’antenne. Ainsi tous les jours, la playlist d’un utilisateur de Deezer sera diffusé. Animé par l’équipe de Ouï FM, la radio se chargera également d’analyser et de quantifier les playslit qui suscitent le plus de réactions sur Deezer suite à leurs diffusions. L’utilisateur qui recevra le plus de commentaires ou de réactions positives se verra attribuer deux heures d’antenne durant le week-end pour partager ses goûts musicaux avec les auditeurs.

Quels sont les intérêts de ce partenariat ?
Rappellons à titre indicatif que les business modèle de Ouï FM et de Deezer sont basés sur la publicité et donc sur la croissance de l’audience.
Pour Deezer:
- Visibilité et publicité => Croissance de la notoriété du service
- Valorisation de l’écoute à la demande => Acquisition de nouveaux inscrits
- Animation et valorisation de la communication =>Fidélisation
- Possibilité de monter des événement co-organisés/co-produits
Pour Ouï FM:
- Visibilité et publicité => Croissance de la notoriété de la radio
- Acquisition de nouveaux auditeurs en touchant une cible plus jeune => mais s’ils écoutent la musique sur Deezer vont ils l’écouter sur Ouï FM ???
- Possibilité de monter des événement co-organisés/co-produits

Pour moi une communauté peut faire émerger des talents mais certainement pas piloter une programmation. A mon sens il n’existe pas de “main invisible” (à la Keynes, oui rappelle toi de tes cours d’éco quand tu ne dormais pas en classe) qui va faire apparaître comme par magie une sélection musicale digne de ce nom et cohérente. Ici le rôle de la communauté à mon sens est d’attirer l’attention sur des artistes qui se font connaître grâce à Internet pour qu’ils soient ensuite diffuser sur la radio.
Je ne crois pas que ce type de partenariat soit véritablement avantageux pour Ouï FM. La relation avec les internautes se limitent à leurs votes et commentaires. Les partenariats entre les acteurs de l’internet et des radios traditionnelles ne semblent pas forcément servir leur business modèle et ne semble pas non faire émerger une innovation, un nouvel usage qui pourrait être pris en main par les internautes. Si ce partenariat semb
le vouloir impliquer les auditeurs/internautes, le pouvoir qui leurs ait donné reste trop limité.
GOOM POURRAIT DEVENIR SYNONYME DE RADIO NUMERIQUE:
C’est un peu comme le Nutella. On ne dit pas pâte à tartiner mais on dit Nutella. Bah oui tu dis pas “hum je vais me faire une tartine de pâte à tartiner”. Non seulement c’est super moche mais en plus t’utilise deux fois le radical “tartine”. Enfin bref pour GOOM je pense qu’on ne dira plus une radio numérique mais une Goom Radio.
GOOM met la gomme (oui je sais c’est facile)
Adapter la radio à l’ère d’Internet, tel est le défis de ce média traditionnel… Mais à titre personnel, je crois beaucoup plus au projet de Roberto et Emmanuel, GOOM Radio, qui en plus de créer une nouvelle marque de radio, créer également un nouvel usage de la radio en mélant contenu professionnel qualitatif et ultra-personnalisation (choix de l’agencement des programmes et de la programmation - à venir) avec des ambitions internationales. Et oui ils sont déjà installé aux US et en Allamagne et ils s’attaquent bientôt au Japon, à l’Inde et à la Chine. Bref l’internaute peut prendre en main la radio. Un concept beaucoup plus intéressant et porteur pour les annonceurs également. Sur la programmation, l’intervention des internautes se matérialisent pas un vote (j’aime/j’aime pas) des titres pour accroître leur fréquence de diffusion. Le vote se fait par radio et par thématique après l’intervention d’un programmateur professionnel. Pour moi c’est un meilleur compris car les internautes vont tout de même guider le programmateur sur leur préférence.
GOOM aime les fans

Après avoir observé l’évolution de GOOM, j’ai pu constater que les fans
prenaient une palce importance dans la stratégie de GOOM. Rencontre avec les artistes, invitations à des concerts ou des show-cases privées, invitations à s’exprimer sur les ondes numériques… Bref, GOOM s’appuie aussi les fans bases d’artistes pour accroître le nombre de ses auditeurs. GOOM est devenu ce que ne sont plus les radios traditionnels: un intermédiaire entre les artistes et leurs fans. Une quasi-philosophie quand on connaît un peu Roberto Ciurleo, lui-même grand fan de Madonna et qui semble répondre à ses propres attentes de fan sur GOOM.
GOOM a faim et mange un repas de 9 millions d’euros (c’est montant total de la levée de fond…)
GOOM a faim… Oui GOOM a la dalle tu as bien compris…Pourquoi ? Parce qu’en plus d’investir un nouveau canal de diffusion, GOOM est en train de recréer tout l’écosystème des radios traditionnelles actuelles sur le numérique… Une radio avec des tubes, JUST HITS, des radio rap (Urban legend que j’adore personnellement) ou encore une radio rock (Rock Your Life) et très bientôt une radio d’info….etc… Bref, GOOM envahit complètement ce nouveau canal pour prendre toute la place et toucher un maximum de personnes ! Voilà à mon sens une vrai réponse à la problématique de la monétisation par la publicité et donc par l’audience. Premier arrivé, premier servi. Une fois que le positionnement marketing de chacune des radios sera bien établit avec un fort développement de la notoriété, il n’y aura plus beaucoup de place pour les autres.
3 Réponses to “RADIO 2.0: Les radios traditionnelles n’ont toujours pas compris…”
Commentaire par François.
Et La Grosse Radio ? ça fait un moment qu’ils innovent eux aussi…
Commentaire par julien.
Moué … des bouquets de radios numériques , y en a d’autres bien mieux .. tél que m2radio.fr ou encore hitgeneration.fr ..
Moi j’ai fait mon choix ….











Commentaire par vivamusica.
Et le service public Borey ? Ca bouge pas mal du côté de la maison de la Radio et pas forcément dans le mauvais sens.