Le numérique baisse d’un ton
05 mai '09 par Rémi Bouton, dans Conférences / débats / événements, Non classé.

Le syndicat des éditeurs de phonogrammes (SNEP) a livré ce matin les chiffres du 1er trimestre 2009 ainsi que de nouvelles données sur le marché du numérique. Sans surprise, le marché accuse une chute globale de 16,4%, pour un chiffre d’affaires de 118,7 millions d’euros, environ trois fois moins qu’au 1er trimestre 2002, époque de l’apogée du disque. « Nous parlions d’un marché divisé par deux, nous allons bientôt être amenés à considérer un marché divisé par trois », a souligné Christophe Lameignère, président du SNEP.
Ce montant correspond aux facturations des éditeurs phonographiques aux magasins, et plates-formes pour les ventes de CD et de fichiers ou services numériques. Le physique accuse une chute de 18,5 % tandis que, pour la première fois depuis son apparition, le numérique enregistre une baisse de 1 %. C’est la téléphonie qui plombe les chiffres avec une chute de moitié de la facturation (sonneries + full track).
Sans apporter d’explication définitive, les données sur un seul trimestre étant fragile, Christophe Lameignère souligne que « les offres mobiles n’ont pas rencontré le succès escompté chez les opérateurs, qui d’ailleurs ne les ont pas particulièrement marketée ».
De plus, le président du Snep estime : « il est possible que les offres de streaming cannibalisent les offres illimités mobile. Pour le public, il s’agit dans les deux cas d’illimité et si l’une et gratuite, comme Deezer ou Spotify et l’autre à 12 euro sur Orange ou SFR, il n’y a pas photo ».
Concernant les répertoires, le classique souffre un peu moins (-15,9%) et s’adjuge désormais une part de marché de 9,3 %. La variété internationale reste stable et c’est la variété francophone qui sombre de 26,4 % - il faut dire qu’elle avait mieux résisté sur la même période en 2008. Ainsi, le francophone reste nettement majoritaire (64%) au pays de la variété.
La France ne se comporte pas particulièrement plus mal que les autres marchés. Ainsi, elle reste le en 5ème position dans le monde, tandis que le numérique provoque des évolutions notables. Ainsi, le Japon se rapproche de la première place mondiale, juste derrière les Etats-Unis car son taux de substitution numérique/CD est excellent (75%), quand il n’est que de 42% aux Etats-Unis. L’Europe fait moins bien avec 38% pour le Royaume-Uni (3ème marché mondial), 23% pour l’Allemagne (en 4ème position) et 19% pour la France. Les pdm de ces cinq territoires sont respectivement de USA 27%, Japon 22,3%, UK 10%, Allemagne 8,8%, France 5,7%.
Dans ce contexte, le Snep appelle plus que jamais au vote et à l’application rapide de la loi Création & Internet. « On espère que les premiers avertissements seront envoyés par l’Hadopi avant Noël prochain », indique le président du SNEP, qui fustige l’attitude de l’opposition dans les débats. « Le PS prend en otage la communauté artistique en retardant l’application de cette loi tandis qu’il n’apporte aucune contre-proposition cohérente. On sait bien que la licence globale, ou contribution créative, ça ne marche pas ! Ce retard va coûter cher en terme de création. Il faut 5 à 8 ans pour développer un artiste. Depuis 3 ans, nous ne pouvons plus investir suffisamment. On verra les effets négatifs dans 5 ans… ».
3 Réponses to “Le numérique baisse d’un ton”
Commentaire par François.
“On sait bien que la licence globale ne marche pas”, ce doit être la raison pour laquelle ce type de licence entre en test aux USA et au Canada !!
Canada => http://freeculturenews.com/2009/04/12/song…tive-licensing/
Commentaire par Valoche.
Aujourd’hui:
je veux écouter le dernier U2 avant de l’acheter. Je vais sur Deezer (en écoute exclusive AVANT sa sortie CD), j’écoute. Ah c’est de la crotte. Je vais pas l’acheter.
Demain, HADOPI est voté:
Heu ben pareil.










Commentaire par Damien Jouvenceau.
Le SNEP qui parle de la communauté artistique?