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Deezer prépare sa mutation avec une nouvelle version : Premières impressions de la V3
juin 24, 2009 by Hugo Amsellem, under Start-Up Musique.
Deezer est certainement la startup occupant la place la plus centrale dans l’environnement français de la musique en ligne. En effet l’entreprise de Jonathan Benassaya a été avancée comme une arme et un argument contre le téléchargement illégal lors des négociations de la loi “Création et Internet“. Ce positionnement passif (ou presque) de Deezer n’est pas sans conséquences, et le site de streaming se doit de confirmer tous les espoirs fondés en lui et se doit de rectifier le tir après de nombreuses critiques, notamment ciblés sur l’interface et l’ergonomie de la plateforme. Ainsi la startup lance une nouvelle version du site en bêta privée, dont voici les premières impressions.
Ce qui frappe dès le début est le changement de couleur de fond. On passe du noir au blanc, et ça fait franchement du bien. La navigation est facilité par ce nouveau code couleur qui - je dois dire - ressemble assez au code couleur utilisé par Imeem.Deezer garde sa fameuse home très régulièrement mise à jour, et ça j’aime.

La navigation change un peu avec cette nouvelle version, puisque le lecteur audio est désormais placé en haut de la page, et est plus discret. Certains seront peut-être un peu déboussolé par ce changement, car la plupart des plateformes et des softs de streaming ou d’écoute voient leurs lecteurs situés sur la droite. Cependant le lecteur reste plus classique une fois que l’on navigue hors de la page d’accueil. La navigation est alors plus fluide, grâce a des améliorations dans le code dont je laisserais les connaisseurs juger des avancées. La visibilité est accrue avec la suppression de la barre de navigation à droite, laissant ainsi plus de place au contenu.
L’accent est mis sur le partage avec plusieurs moyens de faire part de ses découverts à ses amis (twitter, netvibes, facebook, delicious entre autres). Les playlists ont aussi été revues grâce à un drag-and-drop plus fluide, et à l’unique bar de navigation sur la gauche. Barre de navigation qui ressemble très étrangement à celle de Spotify, mais on va dire que Deezer et Spotify partent des mêmes constats et observations concernant les comportements des consommateurs :).

Point intéressant a noter : La bannière publicitaire en haut de page a été supprimée au profit de publicités dans le corps des pages. Peut-être que chez Deezer on s’est rendu compte que la surcharge de pub visuelle gâchait l’expérience utilisateur sans générer de revenus en compensation, et que de toute façon quand on écoute de la musique, les pubs visuelles ne sont pas ce qui à de plus cohérent. Dans tous les cas, cette v3 de Deezer devrait bien introduire les publicité audios et une version “Premium“, mais ça c’est une autre histoire dans un autre post :).
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Premières Impressions - Live Concert by SFR : Phoenix
juin 12, 2009 by Hugo Amsellem, under Analyses / tribunes.
J’attendais avec assez de curiosité ce concert de Phoenix sur SFR en Live Concert, expérience que je n’ai jamais encore eu l’occasion d’avoir. Voici en quelques lignes ma réaction avec 3 axes d’approches : Le contexte, l’expérience, et la praticité.

Le contexte :
Le concert devait commencer à 20h30, donc la retransmission commence vers 20h30, mais pas le concert. On a ainsi le droit à l’ambiance avant-concert, avec les derniers réglages, le bruit de fond du public (réel) qui attend, et le bruit de fond du public (sur le chat) qui attend. L’image n’est pas statique puisque le réalisateur navigue entre les 3 caméras qui quadrillent le studio SFR pour l’occasion.
L’expérience :
L’expérience utilisateur est évidemment liée à la qualité de la retransmission, si l’on omet la qualité intrinsèque et subjective du groupe. Ainsi avec la possibilité de changer soi même l’angle de vue, ou d’en choisir plusieurs grâce à des fenêtres séparés, on a la possibilité de consommer le concert passivement et activement. Quant à la qualité du son et de l’image, j’ai été assez déçu, et c’est ce critère qui ne m’a pas retenu jusqu’à la fin du concert. J’imagine que la captation doit être assez délicate à effectuer, et que la captation vidéo dans un environnement sombre doit être difficile à retransmettre en direct en flux à 600 ko/s. Cependant même avec une bonne connexion et en choisissant la meilleure qualité, le rendu n’est pas à la hauteur. Je m’interroge donc sur la pertinence de la consommation mobile d’un concert, les best practices observées sur ces usages ne correspondant pas.
Même si l’échange avec les autres utilisateurs n’existe pour l’instant uniquement grâce à un chat très basique, on imagine que plusieurs perspectives de développement sont prévues dans ce sens. En effet l’expérience sociale d’un concert doit impérativement être conservée malgré la froideur du support numérique. Il y a quelques mois j’ai assisté à une démo du futur site Live Concert à l’Appart SFR, et les possibilités offertes au spectateurs n’ont semble-t-il pas encore été développées.
La praticité :
C’est un élément prédominant dans la dématérialisation d’un évènement apparemment difficile à digitaliser. La retranscription de l’ambiance est assez réussie, mais le reste non. La lecture flash d’un contenu “HD” n’aide pas, et mon mac s’est rapidement mis à chauffer. Des améliorations sont aussi à penser quant à l’ergonomie du site qui ne permet que le visionnage du concert. Aucune synergie n’est faite entre l’univers de l’artiste, sa musique, et les produits à vendre (merch & cie). Pourtant, une fois qu’un utilisateur est sur le site, son attention est captée, et capter l’attention est le plus dur à faire. SFR ne monétise pas du tout l’attention des utilisateurs qui sont souvent fans, et donc beaucoup plus enclin à consommer leur relation avec l’artiste. Je pense et j’espère qu’SFR est dans une phase de test, et que l’opérateur préfère actuellement roder tous les process de captation et de diffusion pour pouvoir rapidement les industrialiser.
Mais le Live Concert by SFR reste une bonne idée et est plus longuement explicité par Laurence Dolivet dans son interview DigitalMeme. Peut-on affirmer que le Live Concert sera consommé comme un “preview” par les consommateur? J’entend par là que ce type de concert servira peut-être de produit d’appel pour le concert en lui-même, en étant une version “Demo” de la vraie performance Live.
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WorMee, la plateforme de streaming musical version Orange
avril 20, 2009 by Hugo Amsellem, under Start-Up Musique.
Dans sa stratégie d’offre de contenu, Orange est en retard sur son concurrent direct, SFR. En retard non pas dans les initiatives, mais dans la performance. En témoigne l’opération catastrophique Musique Max, dont les coût d’acquisitions faramineux de catalogues (€12 millions) ne seront jamais recoupés.
Mais Orange a décidé de revoir sa copie, et compte surfer sur la vague du streaming en sortant sa propre plateforme d’écoute de musique à la demande. Voyons ça d’un peu plus près :

En arrivant sur le site, le player se met directement à jouer un titre, ce qui est plutôt désagréable. Ce même player, situé sur la gauche de l’interface, est de facture assez classique, est assez ergonomique et comporte un bouton click-to-buy disque/digital.
Le site est découpé en 3 colonnes, avec le player, les playlists (etc…) à droite, les titres au milieu, et ce qui semblerait être le contenu (et sûrement les pubs), à gauche. L’interface est classique, la navigation assez fluide et le drag-and-drop vers les playlists ou le player possible. Le tout a un rendu correct, mais sans plus, on est encore un cran en dessous de Deezer, qui n’est lui-même pas une référence en la matière. Mais on imagine bien que sur un projet encore bêta, les développeurs ont bien d’autres soucis que la beauté et la fluidité de l’interface qui sont - dans ce genre de projet - la cerise sur le gâteau à cette étape du développement.
Et c’est bien la le problème, car il va falloir se battre contre le nouveau roi Spotify, qui est désormais la référence en terme d’expérience utilisateur. La question étant : Quelle valeur ajoutée WorMee apporte-t-il face à ses concurrents?
- L’interface : Le verdict est assez mitigé, l’interface étant encore en début de développement, des améliorations devraient arriver d’ici peu.
- Le catalogue : 4 millions de titres, c’est l’équivalent de Deezer en terme de profondeur. WorMee signe avec les 4 majors et les plus gros indépendants. Spotify propose désormais 8 millions de titres à l’écoute, et tout le monde se bouscule pour signer avec le service de streaming Suédois. Peu de valeur ajoutée ici donc.
- Les fonctions : Outre les classiques fonctions de partage, playlists, friends & Cie, WorMee propose à ses utilisateursd’uploader ses propres morceaux dans des playlists qu’il choisira alors de mettre publiques ou privées. Cependant les morceaux contenus sont acceptés sous réserve qu’ils rentrent dans les deals passés avec les labels. Une fonction à faire évoluer, qui pourrait démarquer WorMee de ses concurrents, notamment avec une convergence web/mobile viaOrange.
- Les contenus : Il semblerait que WorMee veuille créer sa valeur ajouté sur les contenus relatifs aux artistes avec un fiche artiste complète en fonctionnant comme un agrégateur de news. En insistant sur le coté éditorial, WorMee peut densifier l’expérience utilisateur et proposer au consommateur d’aller plus loin que la simple écoute de musique.
“I Am What I Play“ étant le slogan de la plateforme, WorMee insiste sur le coté communautaire de sa plateforme. Le consommateur ne se définissant pas par son FAI ou son opérateur, Orange choisi un slogan cohérent avec son orientation.
On imagine ainsi que WorMee devienne a terme un service proposé par Orange dans ses offres mobiles, une fois bien évidemment que WorMee sortira son offre mobile. Ainsi la combinaison entre des fournisseurs de contenus et des fournisseur d’accès semble être une des clefs de l’exploitation de la musique dans cette forme là.
Conclusion : Le service innove pour l’instant peu par rapport à la concurrence, et je me demande réellement si le streaming musical est encore lié au browser. Avec Spotify, la musique sort du navigateur, et prend la forme d’applications indépendantes, ergonomiquement plus adaptée. Quelles raisons peuvent-t-elles nous pousser à revenir sur le navigateur et utiliser WorMee?
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Kutiman : La nouvelle sensation Bootleg sur YouTube
mars 11, 2009 by Hugo Amsellem, under Vu sur le web.
Qui connaissait Kutiman en 2008? Pas grand monde. Mais 2009 semble être l’année du succès pour ce musicien Israélien de 27 ans. De son vrai nom Ophir Kutiel, il révolutionne le bootleg vidéo et donne un nouveau sens à l’User Generated Content (UGC).
Le concept est assez simple, Kutiman choisis des performances amateur de musiciens sur YouTube, et crée un morceau à partir de toutes ces vidéos choisies. Ainsi, il recycle (en quelque sorte) la musique pour en faire une réelle création, vous le verrez, assez complexe ! Et c’est comme ça qu’il à créé 7 titres tous de très bonne facture, une très bonne recette pour buzzer et lui donner de la visibilité. Car c’est aussi un artiste qui doit vivre de ses compositions, et son premier album très originalement intitulé “Kutiman” est sorti en 2007 et est disponible sur Amazon. Son succès YouTubesque pourrait donc (re)lancer sa carrière artistique.
Par ailleurs, tous les samples utilisés sont tirés de vidéos amateurs et Kutiman ne touche pas aux titres et vidéos de Majors pour d’évidentes raisons législatives. Et pour rester dans une relation win-win, il publie un link vers toutes les vidéos qutilisées pour réaliser ses titres. Ainsi il ne s’attire pas les foudres des “performers” qui sont eux enchantés de participer passivement a de telles performances.
Plus qu’un Bootleg, il s’agit plutôt d’un bricolage musical que l’on peut assimiler à du recyclage, mais quel résultat !
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Eminem VS. Universal : Plus qu’un simple procès
mars 4, 2009 by Hugo Amsellem, under Alertes Juridiques.
Vous ne le savez peut-être pas, mais Eminem, son éditeur FBT Productions, et une armée d’avocat étaient en négociation avec Universal depuis 2 ans déjà. L’artiste réclame €1,6 millions de “Digital Royalties” (redevances numériques ou digitales en Français?) et entre désormais en procès contre Universal. Bien plus qu’un simple conflit d’intérêt, la définition intrinsèque des redevances digitales est en jeu.

En effet dans de nombreux contrats d’artistes, les ventes digitales ne sont pas explicitement négociées et sont donc soumises aux mêmes règles de répartitions que les ventes physiques. Malheureusement, les clefs de répartitions sont soumises au rapport de force qu’il existe entre l’artiste et sa maison de disque. Ainsi un artiste fraîchement signé peut s’estimer heureux de toucher 10% des ventes physiques de son album, pourcentage que la maison de disque appliquera aussi à ses ventes digitales.
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Spotify : Le streaming musical, mais en mieux
février 20, 2009 by Hugo Amsellem, under Start-Up Musique.
Il a des innovations dont on sent qu’elles peuvent réellement marquer une industrie, un secteur. Elles peuvent prendre la forme d’innovation purement technologiques comme le mp3, et peuvent aussi être des services. Ici, nous pensons réellement que Spotify est une de ces innovations qui marquera l’écoute et la consommation de musique en ligne. Mais avant de trop s’enthousiasmer, un petit topo sur le service, ses origines, son positionnement et son fonctionnement.
Tout d’abord, Spotify est une start-up suédoise qui aurait levé €15 millions auprès de VC après un d’apport personnel des fondateurs de l’ordre de €8 millions (!). Si les fonds levés semblent en partis réservé à l’acquisition des catalogues, on se doute que l’équipe de 60 personnes derrière le projet doit aussi peser sur le business plan.

Mais cette équipe à permis le développement de cette application à la iTunes en beaucoup plus light, et qui offre un des catalogues les plus large en ligne actuellement. En effet Spotify possède des accords avec les 4 majors, et 2 des plus gros catalogue/distributeur digital indés (Merlin & The Orchard), autant dire que vous en aurez pour vos oreilles. Oui car le tout est gratuit, et bien évidemment financé par la publicité (audio & visuelle), mais contrairement à Deezer, c’est annoncé d’office. Outre la gratuité, la plateforme propose 2 autres offres : €0,99 pour 24h d’accès illimité sans pub (parfait pour animé une soirée (privée bien sur)), et €9,99 par mois pour la version complète.
Alors nous savons que la gratuité par la gratuité est le principal mode de consommation de la musique sur internet, c’est pourquoi nous allons nous arrêter un peu sur l’avantage concurrentiel qu’a Spotify sur ses vis-à-vis mais surtout face à l’offre illégale, qui est son principal concurrent.
- Une interface utilisateur ergonomique, pratique et rapide : le fait que Spotify soit un logiciel ne permet pas un accès direct via n’importe quel ordinateur, mais permet un confort d’utilisation décuplé. L’application est légère, fonctionne parfaitement sur n’importe qu’elle machine datant de moins de 5 ans (voire plus), et inclus un système de playlist à la iTunes (drag-and-drop, etc…)
- Un catalogue profond : Spotify rajoute des milliers de titres chaque semaines, et cet éclectisme permet de rivaliser avec le téléchargement illégal car il est désormais possible de presque tout écouter en bénéficiant d’une expérience utilisateur proche de celle d’iTunes.
- Une création de valeur inexistante chez les concurrents légaux. Deezer est sur le point d’introduire les pubs audios, et par conséquent proposera un abonnement premium sans pub. Mais la création de valeur n’est pas concrète aux yeux des consommateurs, car ils peuvent dès lors se retourner vers l’offre illégale, elle totalement gratuite. Pourquoi payer pour ce qu’ils avaient gratuitement? Spotify avec les avantages concurrentiels que nous avons énumérés, peut justifier un prix mensuel pour une qualité d’utilisation inégalée.
- Le partage : Chaque titre, chaque album, et j’imagine chaque artiste est associé à un lien HTTP et à un lien Spotify. Cette fonction permet de partager une chanson très rapidement (un simple copier/coller en sélectionnant un titre), et cette synergie semble être un des facteur clefs de succès du service.
Ainsi on peut trouver une faiblesse à Spotify sur le fait que l’on ne possède pas numériquement la musique, et qu’il est alors impossible de la transférer vers son lecteur mp3. Là, le téléchargement illégal est plus attractif pour le consommateur pragmatique, mais Spotify à forcement une stratégie de convergence web/mobile dans le coin de sa tête, et une fois que le parc mobile sera renouvelé, nous serons (presque) tous capables d’accéder à nos playlists Spotify à partir de nos téléphones.
N’attendez plus, inscrivez vous sur https://www.spotify.com/en/get-started/ et téléchargez l’application disponible sur Windows, Mac OSX, ou Linux. Elle est pas belle la vie?