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Le numérique baisse d’un ton
mai 5, 2009 by Rémi Bouton, under Conférences / débats / événements, Non classé.

Le syndicat des éditeurs de phonogrammes (SNEP) a livré ce matin les chiffres du 1er trimestre 2009 ainsi que de nouvelles données sur le marché du numérique. Sans surprise, le marché accuse une chute globale de 16,4%, pour un chiffre d’affaires de 118,7 millions d’euros, environ trois fois moins qu’au 1er trimestre 2002, époque de l’apogée du disque. « Nous parlions d’un marché divisé par deux, nous allons bientôt être amenés à considérer un marché divisé par trois », a souligné Christophe Lameignère, président du SNEP.
Ce montant correspond aux facturations des éditeurs phonographiques aux magasins, et plates-formes pour les ventes de CD et de fichiers ou services numériques. Le physique accuse une chute de 18,5 % tandis que, pour la première fois depuis son apparition, le numérique enregistre une baisse de 1 %. C’est la téléphonie qui plombe les chiffres avec une chute de moitié de la facturation (sonneries + full track). (Lire la suite…)
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L’Hadopi adoptée
avril 3, 2009 by Rémi Bouton, under Analyses / tribunes.
Les députés ont voté le projet de riposte graduée. La loi doit encore passer en commission mixte paritaire puis devant le Conseil Constitutionnel.
Jusqu’à ce jour, la mise à disposition sur Internet de musique ou de films sans l’autorisation de leurs créateurs ou producteurs était déjà interdite, mais les peines encourues tellement lourdes que la loi en était inapplicable.
L’Hadopi et son principe de riposte graduée (2 avertissement avant coupure de l’accès Internet) vise à faire évoluer les comportements de millions d’internautes qui, éblouis par cet accès libre et gratuit à la musique ou au cinéma, ne se rendent pas compte que, privés de retour sur investissement, privés d’argent, ces secteurs sont en voie de paupérisation.
Cette loi devrait permettre d’assurer le développement rapide d’offres innovantes, de musique ou films, qui rémunèrent les ayants droit. Que l’on parle de téléchargement à l’acte ou à l’abonnement, gratuit ou payant, la différence majeure entre l’offre légale et la copie “pirate”, c’est que la première respecte l’auteur, l’artiste, le producteur, quand l’autre les ignore.
Cette loi n’a qu’un seul objectif, celui d’amener les internautes à choisir ces offres qui rémunèrent les artistes et leur entourage professionnel.
Sera-t-elle comprise par le public ? Oui, si il comprend pourquoi elle a été votée, si les offres de musique et de films sont attrayantes et concurrentielles et si l’Hadopi ne dérape pas.
Mieux comprendre pourquoi cette loi a été votée implique de s’intéresser au fonctionnement de l’économie culturelle et aux mécanismes de financement de la création et de la production. J’invite les opposés les plus ardents à cette loi à s’y intéresser de plus près.
Développer des offres attrayantes pour le public est plus complexe. Les tarifs doivent être concurrentiels et les catalogues accessibles dans leur exhaustivité. Il y a encore beaucoup de chemin à faire dans la baisse des coûts techniques également : Notamment, la bande passante mobile est encore beaucoup trop chère pour rendre attractive la VOD en mobilité, où même l’accès en stream à toutes ses musiques.
Que l’Hadopi ne dérape pas, c’est souhaitable, même si cette loi a, il est vrai, un côté usine à gaz qui peut inquiéter. La France est une république démocratique et nous avons de nombreuses institutions qui protègent nos libertés et notre vie privée. Evidemment, pour certains, elle pose un problème majeur, celui de commencer à réguler le Net. Jusqu’à présent il n’y avait qu’une régulation technique, voilà le politique s’en mêle. Est-ce bien son rôle ?
Avec deux types de critiques : Les uns disent ; on risque d’être accusés à tort, et les autres (les mêmes souvent), on pourra toujours continuer à transgresser en utilisant des moyens divers et variés. Finalement c’est juste comme dans la vraie vie : il y a des innocents accusés à tort et des coupables en puissance qui passent entre les gouttes Rien de nouveau sous le soleil. Ce sera à nos institutions de bien fonctionner et à la loi d’évoluer en fonction des usages. Jusqu’à preuve du contraire, Internet n’est pas un régime plus démocratique que notre démoncratie.
Cette loi résoudra-t-elle tous les problèmes ? Non. Il y a de nombreux dossiers sur lesquels il serait nécessaire d’agir dans le domaine culturel. Durée des droits, utilisation du domaine public, régulation des revenus des artistes et comédiens, politiques publiques…
De plus, alors que les industries high tech poursuivent leur croissance en surfant sur l’appétit du public pour les contenus, une réflexion sera nécessaire sur la manière dont ces derniers pourraient être en partie financés par les premières.
Et qui sait, alors que nous commençons à quitter un monde où l’abonnement au Net est payant et les contenus gratuits, si nous n’allons pas doucement vers un monde où l’abonnement sera gratuit et les contenus payants.
D’autres débats en perspective.
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Création, Internet & Vidéos
mars 31, 2009 by Rémi Bouton, under Conférences / débats / événements, Non classé.
En accompagnement de l’excellent billet de Frédéric sur la manifestation qui s’est tenue hier au théâtre de l’Odéon, voici quelques images d’artistes et de producteurs qui expliquent les raisons de leur investissement. Ces interviews ont été réalisées par nos soins (Frédéric et moi) juste après la conférence de presse.
Thomas Dutronc souligne en quoi cette loi défend les petits et représente la seule alternative à la world company.
Bertrand Burgalat raconte la fragilité de l’artiste mais aussi de l’entrepreneur, producteur de musique, face à une industrie plus lourde, de distributeurs et de détaillants.
Da Silva ne comprend pas pourquoi un artiste ne pourrait pas défendre le fruit de son travail : ses oeuvres, et assume à fond sa position pro Création & Internet.
Jean Fauque, auteur, parolier de Bashung pousse un cri de colère en voyant les flux p2p augmenter au moment du décès de l’artiste.
Vincent Frèrebeau, fondateur du label Tôt ou Tard et président de l’UPFI (syndicat des producteurs indépendants) s’exprime sur les prises de position de l’opposition, à l’Assemblée Nationale, sur son travail au sein du Conseil de la Création, sur une éventuelle redevance sur les FAI.
Pascal Nègre, PDG d’Univeral Music France, qui garde toute confiance dans le vote de la loi Création & Internet et la reprise du marché numérique de la musique en 2010.
Retrouvez aussi une quasi intégrale en 3 parties de la conférence de presse du 30 mars. L’image n’est pas très belle mais le son est audible…
Avec notamment les propos de Jean-Claude Carrière, Sanseverino, Alain Cornaud, Bertrand Burgalat, Radu Milhaileanu. Débats animés par Bertrand Dicale.
Avec notamment les propos de Jean-Jacques Annaud, Da Silva, Christian Carrion, Renan Luce et Ridan. Débats animés par Bertrand Dicale.
Questions de journalistes et autres bloggers dont Fred Neff pour digilmeme.
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La musique et le cinéma se mobilisent à l’Odéon
mars 26, 2009 by Rémi Bouton, under Conférences / débats / événements, Non classé.
A quelques heures de la suite des débats sur la loi Création & Internet à l’Assemblée Nationale, des grands noms de la musique et du cinéma se mobilisent au théâtre de l’Odéon pour expliquer leur position et défendre ce projet controversé.
Nous y serons pour les rencontrer et les interviewer.
INVITATION
Parce que l’avenir de la création
passe aussi par internet
PARCE QUE LES CREATEURS VEULENT
POUVOIR CONTINUER A IMAGINER
ET A CREER DE NOUVELLES ŒUVRES
QUI SERONT LUES, VUES ET ECOUTEES,
LES ARTISTES ET CREATEURS SOUTIENNENT
LA LOI CREATION ET INTERNET.
ET INVITENT LES MEDIAS A UNE RENCONTRE
LUNDI 30 MARS A 11h
THEATRE L’ODEON
FOYER BAR
PLACE DE L’ODEON
PARIS 6è
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Le FCM booste le disque
mars 17, 2009 by Rémi Bouton, under Analyses / tribunes, Formations / aides à la création.
La crise du disque et les incertitudes sur les revenus futurs de la copie privée n’ont pas empêché les trois collèges de la sphère (auteurs, artistes et producteurs phonographiques) de s’entendre sur le renouvellement de la convention triennale du FCM, le Fonds pour la Création Musicale, né dans la dynamique de la loi de 85 sur les droits voisins et financés par les sociétés civiles du secteur musical.
Avec un budget annuel d’intervention supérieur à 4 M€ (en baisse de 3 % par rapport à 2008) le FCM aborde d’importantes mutations « pour se rendre plus réactif et mieux adapté aux fonctionnements de la filière d’aujourd’hui », explique son président, Bruno Lion..
C’est ainsi que le FCM infléchit sa politique en supprimant les aides à la création de sites Internet d’artistes (obsolètes) et en réduisant ses interventions sur le spectacle vivant de variété au profit du disque et de la musique enregistrée (+ 300 k€). Les spectacles de « niche » (classique, jazz, world) voient également leurs aides augmenter (+ 50 k€). « Le FCM ne peut pas corriger tous les problèmes, mais nous avons essayé de nous concentrer sur les secteurs qui souffrent le plus », explique Bruno Lion, soit le disque et les musiques spécialisées.
Pour bénéficier des aides au disque, il est encore nécessaire de pouvoir justifier d’une distribution du CD dans le monde physique, mais le FCM réfléchit à la manière d’intervenir sur des projets qui seraient strictement numériques.
Rappelons que plus d’une centaine de professionnels (auteurs, compositeurs, musiciens, éditeurs, artistes, producteurs majors ou indépendants) participent aux différentes commissions d’attribution d’aides. Afin d’augmenter la fréquence des commissions d’attribution, les commissions Disque et Spectacle ont été réunies par genre (variété et autres musique). Ceci permettra non seulement d’augmenter la réactivité du FCM (décisions plus rapides) mais aussi, à terme, d’entrevoir des aides plus globales, dédiées au développement de projets, à la fois sur le disque et la scène. Une manière de répondre à la réorganisation du secteur sur le principe du 360°. Une manière aussi de concentrer les aides sur les projets les mieux construits afin de limier le risque de saupoudrage.
Que les trois familles de métier soient parvenues à s’entendre sur un renouvellement de convention accompagné d’un infléchissement de la politique d’aide du FCM est une excellente nouvelle pour la suite des débats au sein de la filière musicale. Rappelons que celle-ci demeure divisée, notamment sur la question de demander, ou non, une redevance sur les accès numériques (taxe sur les FAI) et, si c’était le cas, sur la manière dont ces sommes seraient réparties.
Si la loi de 85 est loin d’être obsolète, les enjeux numériques pousseront inexorablement la filière à se retrouver sur de nouveaux équilibres, le FCM pouvant en être l’un des piliers.